[REVIEW] Thunderbolts*: Un Marvel dépressif qui donne espoir

[REVIEW] Thunderbolts*: Un Marvel dépressif qui donne espoir

mai 7, 2025 0 Par Ali

Thunderbolts*’ est le 36e long-métrage de l’Univers Cinématographique Marvel (MCU). Réalisé par Jake Schreier (‘Robot and Frank‘, ‘We Cry Together‘), il réunit équipe inédite de personnages déjà introduits dans les précédentes productions de Marvel Studios. Ensemble, ces héros brisés s’unissent contre leur gré pour contrer une menace qu’ils ont chacun en eux: le néant.

Alors, ‘Thunderbolts*’ tient-il ses promesses ? Est-ce le ‘meilleur film Marvel depuis Avengers: Endgame‘, comme on peut l’entendre à chaque sortie ? Voici mon avis — sans spoilers.

Un néant d’émotions

Le pitch est simple: il présente Yelena Belova, John Walker (US Agent), Ava Starr (Ghost), Antonia Dreykof (Taskmaster), James « Bucky » Barnes, Alexei Shostakov (Red Guardian). Tous se réunissent dans des circonstances douteuses après avoir effectué des opérations top secrètes auprès de Valentina Allegra De Fontaine. Rejoints par Robert « Bob » Reynolds, alias Sentry, ils découvrent qu’au-delà des ennemis extérieurs, c’est une lutte intérieure qu’ils doivent mener.

Commençons d’abord par le positif; oui, ‘Thunderbolts*’ est un bon film Marvel. Il brille par sa réalisation soignée, avec une identité visuelle marquée: mise en scène maîtrisée, palettes de couleurs travaillées, et cinématographie inspirée. Le rythme est efficace, les effets visuels impressionnants, et l’ensemble ne laisse pas place à l’ennui.

Les Thunderbolts* (@Marvel Studios/Disney)

Mais ce qui le distingue avant tout, c’est le thème qu’il aborde. En effet, contrairement à ce l’on veut nous faire croire, les films de super-héros, comme les comics, aspirent à représenter différents genres de narration. Certains centrent leur narration autour de l’amour, d’autres autour de l’horreur, de la comédie, du thriller, etc…

Et ‘Thunderbolts*’ ne déroge pas à la règle car il centre sa narration autour d’un élément qui est très présent et qui n’a pas si explicitement été évoqué dans les films de super-héros: la santé mentale. Élément souvent minimisé ou écarté, le film embrasse les problèmes de dépression, de la solitude, de l’abandon, de l’estime et du doute de soi mais aussi des addictions. N’hésitant pas à explorer ces facettes sombres de l’esprit humain, le film réussit brillamment à mettre de la lumière sur le vide que chacun peut ressentir en soi. De la solitude à la solidarité, ‘Thunderbolts*’ livre de belles émotions, et sensibilise avec des messages très humains.

Un casting à la hauteur de leur mission

Ce message ne serait rien sans des interprètes à la hauteur. Et ici, Florence Pugh est magistrale. Révélée dans ‘Black Widow‘ (2021) puis ‘Hawkeye‘, elle livre sa meilleure performance dans le MCU. Sa sensibilité, sa gravité, son intensité: tout sonne juste. À noter: son implication va jusqu’à avoir insisté pour réaliser une cascade depuis le sommet du Merdeka 118 à Kuala Lumpur — un dévouement rare.

Sa performance est complétée par un autre point très positif du film: Lewis Pullman, alias Sentry.

S’il y a une bonne raison de se déplacer pour ‘Thunderbolts*’, c’est bien Sentry. Initialement proposé à Steven Yeun (‘Invincible‘, ‘The Walking Dead‘) et après l’avoir refusé pour des raisons de soucis d’emploi du temps, c’est finalement Lewis Pullman qui a obtenu le rôle du Gardien Doré du Bien aux millions de soleils en éruption. Il incarne à la perfection le personnage complexe de Bob Reynolds, tiraillé entre lumière et ténèbres. Sa performance donne une âme à ce héros surpuissant, et son alter ego, le terrifiant Void, est brillamment mis en scène. Le design, le costume, les pouvoirs — tout est cohérent, impressionnant, et fidèle à l’esprit des comics. Je ne peux que vous recommander ses différents runs. J’en ai d’ailleurs fait un thread et une mini vidéo si vous voulez en savoir un peu plus sur Sentry.

Ce qui ne fonctionne pas avec ‘Thunderbolts*’

Aucun film n’est parfait. Et Thunderbolts souffre de plusieurs faiblesses notables.

D’abord, le line-up de l’équipe est déséquilibré. Si Yelena et Sentry sont au cœur de l’intrigue, les autres personnages manquent de développement. Ava Starr (Ghost) est survolée, John Walker aurait mérité plus d’espace, sans constamment rappeler aux spectateurs que c’est le « Captain America de Walmart ». Red Guardian se limite à un rôle comique — ce qui décrédibilise ses rares scènes d’émotion. Quant à Taskmaster, son traitement depuis ‘Black Widow‘ reste l’une des plus grandes déceptions d’adaptation de personnages de comics. Et malheureusement, ce film ne savait pas du tout comment l’utiliser. La décision qui en a résulté est une réponse aux critiques des fans, mais cette réponse heurte son apport au film, qui pouvait être bien mieux amené. Mais comme à l’image du Mandarin dans ‘Shang-Chi Et La Légende Des Dix Anneaux‘, on peut imaginer un retour plus fidèle du personnage dans de futurs projets.

Le cas de Bucky est plus délicat: son évolution est en contradiction avec son parcours global dans le MCU. Difficile d’en dire plus sans spoiler, mais le choix peut laisser perplexe.

Autre point frustrant: la démonstration de force de Sentry. Oui, il est surpuissant, et ses scènes sont visuellement saisissantes. Mais l’absence de véritable confrontation à sa hauteur nuit à l’impact de ses apparitions. Le rapport de force avec l’équipe paraît déséquilibré, presque inutile, et donne l’impression d’une démonstration incomplète. C’est un point sur lequel je suis un peu resté sur ma faim, mais on peut se rassurer en imaginant que Sentry tiendra un rôle assez important à l’avenir après son annonce dans ‘Avengers: Doomsday.

Enfin, la signification de l’astérisque dans le titre (Thunderbolts) me laisse perplexe. La révélation finale peut dérouter, tant elle paraît sortir de nulle part. Marvel a d’ailleurs choisi de la spoiler quelques jours après la sortie… Avec une scène post-générique (réalisée par les frères Russo) qui tease les événements à venir.

Mentionnons également le personnage de Valentina Allegra De Fontaine (Julia Louis-Dreyfus), catalyseur de l’intrigue. Valentina est certes convaincante, tenace et imprévisible mais ses motivations restent classiques, voire redondantes au fil du film. La résolution est touchante bien que prévisible, avec une fin un peu trop brute et un scénario qui laisse un arrière goût de déjà-vu.

La conclusion

Malgré ses défauts, Thunderbolts est une bouffée d’air frais dans un MCU en perte de souffle. Le film réussit là où peu osent s’aventurer: il explore le vide intérieur avec sincérité, et trouve dans ce néant un message d’espoir. Il propose une esthétique forte, une introspection rare et des performances marquantes.

Ce n’est pas le film du MCU le plus spectaculaire, ni le plus épique. Mais c’est l’un des plus humains, résonants, et touchants depuis ‘Les Gardiens De La Galaxie Vol.3‘. Un bel ajout à la Phase 5.

Le film a réalisé un bon démarrage, et avec ses $162 millions de dollars au box-office mondial, on espère que les efforts marketing de Marvel Studios vont continuer à porter leurs fruits.