[REVIEW] Peacemaker S2: Plus intime mais toujours aussi vibrant
En 2025, le DCU continue son expansion. Après Creature Commandos et Superman, James Gunn poursuit le développement du nouvel univers DC avec le retour de son anti-héros prêt à tuer pour garantir la paix.
Toujours incarné par John Cena, Christopher Smith reprend du service dans une saison 2 qui, sous ses airs déjantés, explore des territoires plus introspectifs et émotionnels.
Cette review contient des spoilers.
I – De Peacemaker à Chris Smith, il n’y a qu’une colombe
Cette deuxième saison marque une nette évolution dans la manière dont James Gunn présente son personnage. Si la première saison racontait l’histoire de Peacemaker, celle-ci raconte celle de Chris Smith. La série délaisse (sans jamais l’oublier) la satire et l’excès pour aller chercher ce qu’il y a de plus humain derrière ce symbole d’arrogance et de violence.
On y découvre un Chris profondément marqué, en pleine reconstruction après les événements de la première saison. La relation qu’il entretient avec Emilia Harcourt, Adrian Chase, John Economos et Leota Adebayo est au cœur de l’intrigue. Les 11 Street Kids forment un groupe à la fois dysfonctionnel et incroyablement fusionnel. Ensemble, ils créent une forme d’équilibre fragile mais sincère, où chaque blessure est un lien.

La mise en scène, fidèle à l’énergie visuelle de Gunn, garde ce mélange d’humour noir et d’humanité. Et la bande-son, toujours au centre du ton de la série, s’offre une belle perle avec “Oh Lord” de Foxy Shazam, titre qui rejoint le ton de cette saison.
II – Une équipe qui évolue, pour le meilleur ou pour le pire
Cette saison 2 voit son casting s’étoffer avec de nouveaux personnages, comme Fleury et Bordeaux, ainsi qu’un Eagly encore plus présent, jusqu’à avoir sa propre (et brève) histoire parallèle avec Red St. Wild, incarné par l’habitué des productions de Gunn: Michael Rooker.
Ce vent de fraîcheur apporte de nouvelles dynamiques et une dimension plus large à la série. Mais à trop vouloir explorer tous ces arcs, Peacemaker perd parfois de sa clarté.
Des personnages comme Vigilante, pourtant essentiels dans la première saison, se retrouvent un peu mis de côté, surtout dans la première partie. C’est dommage, car leur absence se ressent dans la cohésion du groupe et dans le rythme général des épisodes.
Malgré cela, Gunn parvient à maintenir une atmosphère de camaraderie sincère avec ce sentiment que, même perdus, ces personnages n’existent vraiment que lorsqu’ils sont ensemble.
III – L’ambition et ses limites entre dimensions
Avec cette saison, Peacemaker prend aussi une tournure plus multiverselle. Le concept de la Quantum Unfolding Chamber étend les possibilités narratives, ouvrant la porte à une réalité parallèle: Earth X. Dans ce monde où les nazis ont remporté la Seconde Guerre mondiale, Chris Smith découvre une version idéalisée de sa vie, un univers où il est aimé, respecté, et où son frère ainsi que son père sont encore en vie… Et cela donne une dynamique assez intéressante.

L’idée est efficace, mais parfois un peu précipitée dans son exécution, notamment autour de l’épisode 7, qui expédie rapidement certaines pistes pourtant haletantes (la vengeance de Keith, l’implication de Blue Dragon au sein de Earth X, la société en général de Earth X, etc…).
C’est ici que se joue la limite de cette saison: elle veut raconter l’intime et le monumental, et parfois l’un prend le pas sur l’autre.
Le final, notamment, mise davantage sur le teasing du futur du DCU (avec des liens directs vers Man of Tomorrow) que sur la conclusion de son propre récit. Le cliffhanger de fin reste plutôt efficace. C’est un pari risqué, et même si le propos émotionnel fonctionne, il laisse une impression d’inachevé.
Quant à Rick Flag Sr., le personnage incarné par Frank Grillo semble être totalement différent depuis son apparition dans la série animée ‘Creature Commandos’. Son revirement contre les métahumains, bien qu’expliqué par James Gunn, survient brusquement. Et même si Lex Luthor a réussi à le manipuler, il aurait été intéressant d’explorer sa perspective de la situation, plus en détails.
IV – Attentes sincères, noyées par une surcommunication
James Gunn est un bon réalisateur capable de faire cohabiter le grotesque et l’émotion pure.
Mais paradoxalement, sa communication très ouverte sur les réseaux joue parfois contre lui. En partageant régulièrement des détails ou des annonces sur l’avenir du DCU, il crée une attente parfois démesurée ou difficile à satisfaire.
Cette stratégie de transparence, bien que louable, devient à double tranchant: elle peut unir les fans, mais peut aussi fausser la perception de ses œuvres.
Pour autant, la sincérité reste le moteur de cette saison. Gunn y met du cœur, et John Cena livre une performance touchante, pleine de nuances. Les discours de Leota Adebayo, en particulier, comptent parmi les moments les plus puissants et les plus humains de la série.

Conclusion
Cette saison 2 de Peacemaker confirme que James Gunn sait manier la démesure et l’absurde tout en racontant des histoires profondément humaines. Plus introspective, plus vulnérable, mais toujours aussi folle, la série parvient à se renouveler sans trahir son ADN.
Si le final laisse un goût mitigé, Peacemaker reste une série vibrante, drôle et sincère, qui prouve que le DCU peut aussi bien être une comédie violente qu’un drame humain.
Un équilibre instable, certes, mais définitivement attachant, à l’image de son héros.
Peacemaker S2 est disponible sur MAX, créée et réalisée par James Gunn, produite par DC Studios. Merci encore à Warner Bros. France pour l’accès anticipé aux épisodes, qui m’ont permis de vivre cette aventure au plus près de Chris Smith et de son équipe.