[REVIEW] SPIDER-MAN BRAND NEW DAY: Le retour aux sources dont Spider-Man avait besoin
Près de 5 ans après ‘Spider-Man No Way Home’ (2021), l’attente est enfin terminée. Spider-Man revient sur nos grands écrans avec ‘Spider-Man Brand New Day’.
Le nouveau volet des aventures de Tom Holland présente le retour de Zendaya (Michelle Jones), Jacob Batalon (Ned Leeds) et un casting tout frais. Derrière la caméra se trouve Destin Daniel Cretton (‘Shang-Chi’, ‘Wonder Man’), venant remplacer Jon Watts (réalisateur de la première trilogie Spider-Man du MCU).
J’ai eu la chance d’être invité par Sony Pictures à découvrir Spider-Man: Brand New Day en avant-première. Dans ce nouvel article, retrouvez la review complète du film, bien sûr sans spoilers.
Rétrospective sur les 10 ans de Spider-Man dans le MCU
La trilogie Spider-Man du MCU, bien que pleine de succès, est certainement la plus dense et inégale en matière de narration, de relations ou d’évolutions. Après un ‘Spider-Man Homecoming’ plutôt réservé, suivi d’un ‘Spider-Man Far From Home’ servant de postlude à la Saga de l’Infini, et enfin d’un ‘Spider-Man No Way Home’ regroupant trois générations et près de 20 ans d’héritage de films Spider-Man en live action, il était temps de donner un nouveau souffle à Peter Parker.
Tandis que les Spider-Men de Tobey Maguire et d’Andrew Garfield ont chacun évolués dans leur propre univers, indépendant des événements externes des autres films, le Spidey de Tom Holland, lui, évolue déjà depuis plus de 10 ans du côté des Avengers, notamment grâce à une collaboration commerciale entre Sony et Disney (2015).

Que ce soit pour aider Iron Man à combattre l’équipe de Captain America, de voyager en Europe ou de sauver l’univers du Titan Fou Thanos… Le public n’a jamais réellement eu l’opportunité de voir les différentes facettes du Spider-Man de Tom Holland, toujours accompagné, et où le poids et les responsabilités de ce rôle seraient centraux. Kevin Feige l’avoue d’ailleurs lui-même: les trois premiers films Spider-Man du MCU ont été pensés comme le premier acte du film ‘Spider-Man’ (2002) de Sam Raimi.
Et en effet, la particularité (devenue peut-être une contrainte aujourd’hui) d’un univers cinématographique, c’est que la narration évolue constamment au-delà de ce qui est montré à l’écran.
Ce qui fait qu’entre ses films, Spider-Man a défié des Avengers, est allé dans l’espace combattre l’un des êtres les plus dangereux de l’univers, ou bien a temporairement disparu de la timeline pendant 5 ans. Cela peut paraître très chargé, surtout pour une trilogie pensée comme ses premiers pas, avec No Way Home devenant le film dans lequel Spider-Man apprend finalement ce que signifie qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.
Et ‘Spider-Man: Brand New Day’ est venu redorer et honorer cette tirade. Tom Holland incarne enfin le Spider-Man que beaucoup attendaient depuis ses débuts dans le MCU.
Un retour aux sources pour Spider-Man et Peter Parker
Brand New Day se déroule quatre ans après No Way Home. Plus personne ne sait qui est Peter Parker, et il s’est entièrement consacré à sa vie de Spider-Man. Mais cet isolement finit par avoir des conséquences, aussi bien sur sa santé mentale que physique. Lorsqu’une nouvelle menace apparaît et met ses proches en danger, Peter doit trouver un équilibre entre son rôle d’homme et de l’araignée.
J’ai totalement vibré devant ‘Spider-Man Brand New Day’, c’est un très bon film Spider-Man de Tom Holland. Que ce soit dans sa mise en scène, son ton et la façon dont la dualité de Peter Parker se révèle à l’écran.
C’est plus intime, plus mature et traite d’un sujet profondément humain auquel beaucoup pourront s’identifier: l’isolation et la solitude. C’est probablement le thème le plus fort du film, et il s’insère de façon bien plus mature que dans les précédents opus. Le film choisit volontairement de mettre Peter Parker en retrait afin de laisser davantage de place à Spider-Man. Cela nous permet de passer du temps avec un Spider-Man plus investi, plus sûr de lui et bien plus efficace dans son travail, porté par un rythme d’action fluide et naturel.

Cela se répercute aussi sur une ville de New-York vivante et organique. Et ça fait du bien de le voir dans un projet ‘street-level’ après les histoires du Multivers (NWH, Across The Spider-Verse). On voit Spider-Man incarner pleinement Spider-Man : il se balance, « quip », et devient ce protecteur et ce modèle dont on attendait tant. Sans parler du nouveau costume, s’inspirant de ses frères araignées, et qui apporte énormément de charme.
La dynamique avec le Punisher de Jon Bernthal parvient à être également un point fort, même s’il s’utilise parfois comme comic relief dans le film. Le duo reste intéressant, drôle et donne envie de les revoir ensemble. Dans le cadre de l’histoire racontée, le film aurait gagné à inclure quelques autres figures emblématiques de l’univers de Spider-Man.

Après ‘Shang-Chi’, Destin Daniel Cretton est en totale maîtrise côté réalisation, je pense que c’est une excellente décision de Marvel de lui avoir laissé Spider-Man après son départ de ‘Avengers The Kang Dynasty’ (devenu ensuite Doomsday). On retrouve des placements de caméra inédits, des jeux de lumières inspirés et une mise en scène qui donne la sensation d’accompagner Spidey dans ses combats ou ses voltiges.
Au niveau de l’histoire, Peter évolue au fil du film. J’ai aimé la manière dont on aborde la mutation et d’à quel point on passe plus de temps avec l’araignée plutôt que l’homme. Toutefois, bien que le film ait ses points forts, il possède aussi quelques limites…
Un film avec des ambitions parfois retenues
Après ma première séance, je suis reparti voir le film le lendemain, le jour de sa sortie et j’apprécie toujours les deuxièmes séances. Elles permettent de prendre davantage de recul et de réévaluer certains aspects du film d’un autre regard. Brand New Day reste toujours pour moi une bonne aventure Spider-Man, mais ce second visionnage a confirmé plusieurs réserves que j’avais déjà à la sortie de la première séance. À commencer par le scénario d’Erik Sommers et Chris McKenna, déjà auteurs de la trilogie « Home » (et co-scénaristes des prochains Avengers Doomsday / Secret Wars).
Toujours sans entrer dans le territoire du spoil, mon second visionnage a donc renforcé ce ressenti que certains choix narratifs sont quelques fois trop prudents. Brand New Day se présente comme une nouvelle étape dans la vie de Peter Parker, mais n’assume pas totalement cette promesse. Malgré les événements de No Way Home, le récit donne parfois l’impression de revenir à son point de départ, et certaines relations, notamment avec Ned et MJ, évoluent assez peu avec cette fin.
Plus globalement, les intrigues me paraissent parfois rester en surface. L’idée de la mutation est vraiment intéressante, mais n’est jamais exploitée jusqu’au bout. Même chose concernant « l’antagoniste ». Entre William Metzger (Directeur du Département du Damage Control), [SPOILER] et peut-être Peter lui-même, les enjeux se dispersent. À mon sens, le récit aurait gagné en équilibre avec un véritable vilain central, davantage développé.

On notera également le retour de Michael Giacchino à la bande-son (‘The Batman’, ‘Doctor Strange’, ‘The Fantastic Four First Steps’). Giacchino a su trouver un thème qui a déjà accompagné le tisseur sur la première trilogie avec des changements de notes entre chaque volet. Avec ce film, j’aurais beaucoup aimé découvrir un thème impactant, qui accompagne le message de maturité que le film renvoie.
Je trouve également dommage que certains personnages comme Scorpion ou Tombstone soient finalement si peu exploités. Leur présence permettait des pistes intéressantes et à mon sens, ils auraient mérité un temps à l’écran plus juste. L’ellipse des quatre ans passés est aussi une chose qui ne m’a pas donné l’impression d’être si significative à l’impact de l’histoire.
Le personnage de Sadie Sink surprend par un parcours similaire à Peter Parker, de même pour Hulk, dont la brève présence fait regretter l’absence d’un film solo. Mais je reste convaincu que Brand New Day aurait gagné à raconter une histoire plus recentrée sur Spider-Man et d’y intégrer davantage de figures emblématiques de son propre univers, sans impliquer directement un autre groupe de personnages Marvel.
Conclusion : Brand New Day en vaut-il le détour ?
Malgré les limites d’un univers partagé et une volonté de rattraper ce qui n’avait pas été pleinement exploré dans la précédente trilogie, Spider-Man: Brand New Day est, à mes yeux, le meilleur film Spider-Man de Tom Holland. Plus intime, plus mature et visuellement inspiré, il replace enfin Spider-Man au centre de son propre récit et offre à Peter Parker une évolution que l’on attendait depuis longtemps.

Tout n’est pas parfait, et certains choix narratifs pourront diviser, mais le film réussit l’essentiel en nous rappelant pourquoi Spider-Man demeure l’un des super-héros les plus attachants, les plus humains et les plus emblématiques jamais créés.
Encore un grand merci aux équipes de Sony Pictures España et Sony Pictures France pour leur invitation et leur accueil lors de cette projection presse.
Spider-Man: Brand New Day est actuellement au cinéma et confirme déjà son succès au box-office mondial, où il est devenu le 12ème film Marvel à dépasser le milliard de dollars de recettes, et continue de battre des records !