[REVIEW] ‘The Fantastic Four First Steps’: La Première Famille Marvel retrouve sa grandeur
Créés en 1961 par Stan Lee et Jack Kirby, les Quatre Fantastiques ont toujours incarné l’idée d’une famille soudée, capable d’affronter aussi bien des menaces cosmiques que leurs propres failles. Pourtant, leurs précédentes incursions au cinéma ont souvent laissé les fans sur leur faim. Avec ‘The Fantastic Four: First Steps‘, Matt Shakman, déjà remarqué pour la série ‘WandaVision‘, offre un nouveau souffle à l’équipe et lance officiellement la Phase 6 du MCU. Après une année mitigée pour Marvel, les attentes étaient grandes: redonner aux Richards, Storm et Grimm la place qu’ils méritent au sein de l’univers Marvel.
Et, comme je l’évoquais dans mon article sur Superman, le poids symbolique d’un tel retour dépasse le simple cadre d’un film de super-héros. Est-ce que ce retour est un triomphe ? On en parle dans ce nouvel article sans spoilers !
Les 4 Fantastiques: La famille avant tout
Matt Shakman comprend que la véritable force des Quatre Fantastiques réside dans leurs liens. Ici, chaque membre a un rôle clair, un espace pour exister et interagir. Taquineries, disputes, moments tendres ou failles profondes : tout respire la sincérité.
Sue Storm (Vanessa Kirby) est peut-être la révélation du film, forte et charismatique, tandis que Reed Richards (Pedro Pascal) révèle ses contradictions, notamment dans une touchante scène avec Franklin. Johnny (Joseph Quinn) conserve son tempérament flamboyant mais gagne en empathie et en humilité. Quant à Ben (Ebon Moss-Bachrach), il semble enfin plus en paix avec lui-même, même si ses regrets restent trop peu explorés.
Le film s’ouvre sur un ton léger, présentant les exploits de l’équipe sur leur Terre, avant de plonger dans un thriller spatial haletant. Ce basculement est l’une des grandes réussites de la mise en scène.

Un spectacle spatial immersif
Visuellement, ‘First Steps‘ assume son héritage Jack Kirby avec un style rétro-futuriste vibrant et coloré. Galactus, dans une incarnation fidèle aux comics (et non un simple nuage), impose une présence hypnotique, particulièrement lors d’une séquence spatiale mémorable.
La mise en scène soignée, les décors inspirés, et la partition magistrale de Michael Giacchino contribuent à l’immersion. Le choix de placer l’action en dehors du MCU 616 évite les incohérences et permet même de glisser un clin d’œil à Jack Kirby via la Terre 828, référence à sa date de naissance.
L’écriture ose explorer des aspects rarement vus au cinéma, comme le côté parental de Reed et Sue, ou l’importance des civils au cœur de l’intrigue. Shalla-Bal intrigue par son charisme et son style, même si son rôle reste limité.
Cet hommage visuel à Kirby ne se limite pas à l’esthétique : il est intégré à la narration. Les décors, les couleurs et les designs audacieux servent l’histoire, renforçant la sensation d’évoluer dans un univers à part entière. La gestion de l’échelle, notamment face à Galactus, est particulièrement réussie : les personnages paraissent minuscules, ce qui accentue la tension dramatique. Les séquences dans l’espace, rythmées par une bande-son qui oscille entre majesté et urgence, plongent le spectateur dans une atmosphère stressante. Et là encore, la place accordée aux civils est un vrai plaisir. On les voit non seulement subir les événements, mais aussi interagir, participer, et influencer le récit, ce qui humanise le spectacle.

Des failles qui ternissent légèrement l’ensemble
Malgré ses nombreuses qualités, le film souffre de choix qui brident son plein potentiel. Certaines facilités scénaristiques et un deus ex machina affaiblissent l’impact de certaines scènes. La durée trop courte (il manque clairement 15 à 20 minutes) se ressent : la conclusion est précipitée, les conséquences expédiées, et certaines relations, notamment celle de Ben Grimm, restent en surface.
Shalla-Bal, prometteuse, méritait davantage de développement, tout comme certains flashbacks qui auraient pu enrichir l’univers.

Ces défauts laissent entrevoir ce qu’aurait pu être le film avec une durée un peu plus longue. Une structure narrative plus généreuse aurait permis d’explorer davantage les conséquences émotionnelles des événements, notamment sur la dynamique familiale ou de la relation avec l’Homme Taupe. De même, certaines scènes clés semblent “coupées” trop tôt, donnant l’impression que le montage final a sacrifié des éléments intéressants (cf: Red Ghost). Et en revoyant les bandes-annonces, c’est assez frustrant.
Le mot de la fin ?
‘The Fantastic Four: First Steps‘ réussit sa mission : faire des 4 Fantastiques une famille crédible, aimante et imparfaite, évoluant dans un récit à la fois intime et spectaculaire. Le mélange d’hommage aux comics, de prises de risques visuelles et d’ancrage émotionnel en fait le meilleur film Marvel de l’année, malgré ses raccourcis narratifs et ses zones d’ombre.
‘The Fantastic Four: First Steps’ reste un très bon Marvel, généreux et familial, accessible et respectueux de l’héritage des 4 Fantastiques.
Un premier pas prometteur pour cette nouvelle ère, et un rappel que, parfois, la plus grande des forces… c’est la famille.